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C’est la question que s’entend poser un grand nombre de visiteurs alors qu’ils trouvent (enfin ?) l’entrée de la médiathèque Françoise Sagan, nichée derrière un square du 10e. Et pourtant, quel ravissement que cette ancienne prison rénovée en médiathèque – elle vaut bien quelques minutes d’hésitation près de la gare de l’Est.

Jeudi 17 septembre, le public y a rendez-vous pour une soirée particulière. Sur l’estrade, Denis Westhoff, Alain Vircondelet, Céline Hromadova et Anne Berest parlent de l’écrivain qui a donné son nom à la médiathèque, ou plutôt de « Françoise », tant il est vrai que tous quatre sont liés à Sagan avec force.

L’un, en effet, est son fils et ayant-droit ; gardien, pourrait-on dire, de l’œuvre de sa mère. L’autre, écrivain et biographe, a fréquenté Sagan de près. La troisième, enseignante, a consacré des heures de recherche à analyser son œuvre, dans une thèse. La dernière est écrivain et a consacré l’un de ses romans à l’auteur de Bonjour tristesse.  Tous quatre évoquent son œuvre, et fustigent de concert l’attitude des critiques et journalistes qui, du vivant de l’auteur, en commentaient plus volontiers les frasques que l’œuvre. Ils s’entendent également pour souligner le caractère remarquable de Françoise, sa générosité, sa fidélité envers ses amis.

A la fin de ta table ronde se produit un événement inattendu : plusieurs personnes de l’assistance se lèvent et témoignent de la manière dont Françoise Sagan a influencé leur vie et leur perception du monde ; on écoute même, merveilleusement étonné, Jean-Claude Lamy (écrivain, journaliste et éditeur) raconter sa rencontre avec Sagan, accompagné du photographe Robert Doisneau ; ou encore l’histoire d’un dénommé Gilles, qui a grandi sans livres à la maison et qui, lorsqu’il décide d’acheter son premier livre au tabac-presse de son village du Limousin, s’aperçoit que le héros de cet étrange roman s’appelle également Gilles, et vit dans ce même village du Limousin… C’est Un peu de soleil dans l’eau froide qu’il a dans les mains, le roman qui signe la passion naissante de ce lecteur pour l’œuvre de Sagan, et qui l’entraîne vers d’autres lectures toujours plus abondantes. Pour clore le tour de cet auditoire hors du commun, une enseignante de français partage sa volonté de faire introduire au mieux l’œuvre de Sagan dans les programmes scolaires français, afin de lui donner, enfin, toute la place qu’elle mérite dans le paysage littéraire du XXe siècle français.